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Pollution: Une colonne Morris à Paris 14ème

Publiée le 26/04/2017

 

 

Pollution de l’air : Paris va tester une colonne Morris dépolluante.
Des microalgues présentes dans ces puits de carbone sont à l’origine de la décarbonisation de l’air. Elles seront aussi recyclées en énergie verte.

 

 

 

 

 

 

C’est la place Victor-et-Hélène-Basch, aussi appelée place d’Alésia, dans le XIVe arrondissement de Paris, qui a été choisie pour l’expérimentation. Au milieu de ce carrefour fortement pollué où transitent plus de 72 000 véhicules par jour, une copie de l’antique colonne Morris, ce mobilier urbain typiquement parisien qui faisait office de support d’informations au XIXe siècle, va être transformée en puits de carbone.


Le spécialiste français de gestion de l’eau et des déchets, Suez, est à l’origine de ce projet « inédit », selon son directeur général, Jean-Louis Chaussade, qui a proposé à la mairie de Paris de tester son produit en avant-première. Le but : s’attaquer à la pollution de l’air à l’aide… de microalgues.
Le dispositif s’inspire d’une réaction biochimique naturelle des végétaux : la photosynthèse. Dans une colonne en verre remplie d’eau, des microalgues vont fixer le gaz carbonique présent dans l’air, à l’aide d’un système de ventilation. A l’intérieur de cette sorte d’aquarium, ces organismes vivants composés de chloroplastes vont capter la lumière extérieure et celle créée par des barres de diodes électroluminescentes pour transformer le CO2 en dioxygène. L’air purifié est ensuite expulsé du puits de carbone vers l’extérieur. La start-up Fermentalg, basée à Libourne (Gironde), qui a développé ces micro-organismes, affirme aussi qu’elles sont « capables de capturer le dioxyde d’azote (NO2) » rejeté par les pots d’échappement des voitures. Place d’Alésia, le taux de NO2 dépasse les 40 µg/m3 réglementaires, selon les données d’Airparif.
A force d’aspirer du dioxyde de carbone, ces organismes vivants vont croître et se multiplier. Quand ils seront trop nombreux, le système prévoit d’évacuer la biomasse formée vers la station d’épuration la plus proche, par le réseau d’assainissement. Une fois traitées, les microalgues seront transformées en biogaz puis en biométhane (réseau de gaz naturel) pour chauffer les villes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le puits de carbone produit une énergie « verte » réinjectable dans le réseau de gaz selon le principe de l’économie circulaire.
Les travaux ont déjà commencé dans le 14e arrondissement de la capitale. « Le site a aussi été choisi pour faciliter les branchements au réseau d’assainissement », explique-t-on au cabinet de Célia Blauel, adjointe chargée de l’environnement à la mairie de Paris. La future colonne Morris, 4 mètres de haut, 2,5 m de diamètre, contient le bioréacteur d’un mètre cube qui permettra de fixer une quantité de CO2 « équivalente à cent arbres, soit une tonne de CO2 par an », selon le concepteur.

Le coût, justement, n’est toujours pas estimé précisément, mais pourrait être élevé. Cette première expérimentation « ne coûtera rien à la mairie de Paris », assure le cabinet de Célia Blauel, qui laisse le temps au dispositif de faire ses preuves. Suez esquive et met en avant l’objectif de lutte contre la pollution de l’air : « Nous n’aurions jamais connu l’éolien si on avait stoppé les technologies à l’époque, qui coûtaient très cher elles aussi… »
Si le test se révèle positif, ces grands tubes verts pourraient être industrialisés dès la fin de l’année 2017 pour coloniser les métropoles ou le secteur industriel.

 

LE MONDE | 15.04.2017 à 07h44 • Mis à jour le 18.04.2017 à 14h51 | Par Fanny Guiné

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/04/15/pollution-de-l-air-paris-va-tester-une-colonne-morris-depolluante_5111649_3244.html#DRxH7PB6aAghQ5Lc.99

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